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Leasing en cabinet dentaire : solder ou transmettre lors d’une vente ?

Lors de la cession d’un cabinet dentaire, la gestion des contrats de leasing est un sujet structurant.

Faut-il les rembourser ou les transmettre à l’acquéreur ?

La réponse dépend d’un élément clé, souvent sous-estimé : le stade d’avancement du remboursement du leasing.

1. Le critère déterminant : où en est le leasing ?

Tous les leasings ne se valent pas au moment d’une cession.

Début de contrat

  • Capital restant dû élevé
  • Matériel récent
  • Valeur économique cohérente avec les loyers

👉 Dans ce cas, la transmission est souvent pertinente.

Fin de contrat

  • Capital restant dû faible
  • Valeur de rachat souvent basse
  • Matériel encore pleinement exploitable

👉 Ici, la logique peut s’inverser.

 

2. Pourquoi il est parfois plus intéressant de solder

Lorsque le leasing arrive en fin de course, il peut être stratégique de :

👉 rembourser le contrat,
👉 puis réintégrer le matériel dans les actifs du cabinet.

Concrètement :

  • Le matériel devient un bien pleinement détenu,
  • Il peut être intégré dans les biens corporels de la vente,
  • Sa valeur est alors prise en compte dans le prix de cession.

Logique économique

Dans cette situation :

  • Le coût de rachat est faible,
  • La valeur vénale du matériel peut être supérieure à ce coût,
  • Le vendeur transforme une dette résiduelle en actif valorisable.

👉 Cela peut mécaniquement augmenter la valeur de cession.

3. À l’inverse : quand il vaut mieux transmettre

Si le leasing est encore “jeune” :

  • Le capital restant dû est élevé,
  • Le rachat anticipé est coûteux,
  • La valeur du matériel est proche du financement restant.

👉 Dans ce cas : Le remboursement n’apporte pas de gain économique et la transmission est souvent plus rationnelle.

4. L’impact direct sur la valorisation

a. Leasing soldé

  • Actifs corporels plus élevés
  • Cabinet plus “lisible”
  • Potentiel de valorisation supérieur

b. Leasing transmis

  • Prix de cession ajusté
  • Mais effort financier étalé pour l’acquéreur

👉 Encore une fois, tout se raisonne en équilibre global.

5. La bonne approche : arbitrer entre dette et actif

La décision revient à une logique simple :

👉 Transformer une dette en actif… uniquement si c’est rentable

Cela nécessite de comparer :

  • le montant du rachat anticipé,
  • la valeur vénale du matériel,
  • l’impact sur le prix de vente,
  • la capacité de financement de l’acquéreur.

6. Les erreurs fréquentes

  • Ne pas analyser le stade des leasings,
  • Rembourser “par principe” sans calcul,
  • Ou à l’inverse, tout transmettre sans optimiser,
  • Ne pas intégrer la valeur du matériel dans la négociation.

7. Ce qu’il faut anticiper

Avant toute mise en vente :

  • Identifier précisément chaque contrat,
  • Demander les valeurs de rachat à date,
  • Estimer la valeur vénale du matériel,
  • Arbitrer contrat par contrat.

👉 Il n’est pas rare d’avoir une stratégie mixte : certains leasings soldés, d’autres transmis.

Conclusion

Le traitement des leasings ne se décide pas de manière uniforme.

👉 Tout dépend de leur maturité.

  • En début de contrat → transmission souvent pertinente
  • En fin de contrat → remboursement parfois stratégique

Lorsqu’il est bien optimisé, le leasing devient un levier de création de valeur, et non un simple élément technique de la cession.

 

Mme Domitille DUSSAUX ORTES 

Directrice de Hippocrate Solutions

http://www.hippocratesolutions.fr 

Sources

Banque de France – Le crédit-bail (principes et fonctionnement)
Bpifrance Création – Financement des investissements professionnels
https://bpifrance-creation.fr
Ordre des Experts-Comptables – Évaluation et transmission d’entreprise
Revue Fiduciaire – Traitement des contrats de crédit-bail